C'est l'histoire pathétique d'une bande d'influenceurs Twitter et Facebook que le karma a finalement rattrapé.

La ligue du LOL, c'est quoi ?

La ligue du LOL est le nom d'un groupe fermé Facebook crée par le journaliste Vincent Glad , particulièrement actif entre 2009 et 2013, dans lequel échangeaient une trentaine de journalistes, des communicants, des publicitaires, principalement masculins. Ceux-ci étaient très présents sur les deux réseaux sociaux principaux de l'époque : Twitter et Facebook.

Au tout début, ces participants tenaient des discussions privées, faites de blagues potaches et d'informations en tout genre.

Par l'intermédiaire de ce groupe fermé, ces journalistes sont cependant accusés d'avoir mené des campagnes de harcèlement pendant plusieurs années sur des féministes, des personnes ayant des maladies mentales, des personnes racisées sur les réseaux sociaux.

Les personnes visées défendaient pour la plupart des causes féministes, anti-racisme, par des articles sur leur blog ou par des tweets.

Les victimes témoignent

Plusieurs victimes ont témoigné sur les réseaux sociaux. Le blogueur Matthias Jambon-Puillet raconte sur le site medium les insultes anonymes et les photomontages pornographiques dont il est victime, qui ont ensuite été envoyés à des mineurs en son nom. Le YouTubeur Cyprien avoue aussi avoir été ciblé par ce même groupe de journalistes, mais surtout par leur communauté qui suit la voie du cyberharcèlement.  

C'était un groupe Facebook de potes créé pour raconter des blagues, ils étaient dans les médias influents, c'était des journalistes qui avaient au minimum 5000 followers et qui avaient donc un pouvoir de nuisance de par toute leur communauté" Léa Lejeune

Photomontage pornographiques, raids d'insultes sur les réseaux sociaux, canulars téléphoniques, intimidation, la liste est longue et s'alourdit au fur et à mesure des témoignages.

Après les accusations, les sanctions

Des journalistes ont ainsi été mis à pied à titre conservatoire. Certains se font donc licencier comme David Doucet, rédacteur en chef des Inrocks, mais aussi Alexandre Hervaud, celui qu'on nomme "le numéro 3" du web de Libération est mis à pied à titre conservatoire.

Ils ont aussi présenté leurs (tardives) excuses auprès des gens qu'ils ont harcelés sous forme de tweets. Insuffisant pour la plupart des victimes, L'association SOS Racisme a même demandé lundi 11 février à ce qu'une enquête préliminaire soit ouverte à propos des cas de cyberharcèlement perpétrés par la Ligue du LOL.

Le mauvais côté de l'influence ?

En menant ces campagnes de haine, ces influents journalistes ont donc détruit des vies par le harcèlement de masse, en incitant leur communauté à relayer ces insultes, mettant en danger et repoussant les causes défendues par ces journalistes d'au moins, une décennie.

Cette histoire reflète également le danger pour tous les néo-influenceurs, incapables de réaliser ce que l'influence auprès d'un large public implique en terme de responsabilité. Bon débarras dans les oubliettes de l'influence !

Les cyberharceleurs qui s'excusent après s'être fait griller, on vous voit comme ça !