Les bots, des bons comme des mauvais.

Distinguons d’emblée les bons des mauvais: certains bots jouent un vrai rôle ! En effet, parmi tous les bots existants sur le net, on peut en trouver de très utiles, sur nos réseaux sociaux ou sur certains sites d’e-commerce. Ils peuvent  par exemple nous aider à répondre à certaines questions, nous tenir au courant lorsqu’un article est publié sur notre site d’informations favori.

Ceux-ci sont reconnus comme étant des bots, et nous savons qu’ils n’ont pas d’identité propre, et ne servent qu’à diffuser des informations que l’annonceur veut envoyer automatiquement à ses utilisateurs. Dans votre utilisation quotidienne d’internet, vous êtes confrontés à ces bots de manière permanente.

Poncho, le bot sur Messenger qui vous envoie quand vous voulez des indications sur la météo ! 

Mais les bots deviennent très problématiques lorsqu’ils sont acquis afin de booster artificiellement un compte (Instagram, Twitter et même YouTube). En effet il existe une multitude de moyens sur Internet pour faire croire aux entreprises ou aux utilisateurs de réseaux sociaux que vous êtes plus influent que vous ne l’êtes réellement.

Cela peut sembler être un problème d’ego assez futile dans la vie de tous les jours; mais dans le marketing d’influence, il s’agit d’un problème qui devient récurrent et, pour les entreprises, il représente un gouffre financier dans leurs budgets communication qu’il convient de combler.  

Pourquoi ils dérangent ?

Le directeur marketing d’Unilever, Keith Weed, a lui même annoncé ne plus vouloir travailler avec les influenceurs boostés par des abonnés factices. La société originaire de New York, Point North group,  a ainsi découvert que les marques avaient dépensé 150 millions de dollars aux États-Unis et au Canada au deuxième trimestre sur des influenceurs Instagram, et que 7,3%, soit 11 millions de dollars, avaient été perdus au profit des bots !

Pire encore, les bots auraient eu une influence sur le référendum du Brexit : selon une étude de City, University of London, environ 13 500 faux comptes Twitter auraient agi en masse pour influencer le référendum du Brexit tenu durant le mois de juin 2017, avec les résultats que l’on connaît aujourd’hui. L’impact sur la vie quotidienne des citoyens peut donc être considérable.

Acheter des bots, une Fausse Bonne Idée.

Dans un premier temps, les utilisateurs peu scrupuleux achètent des bots pour plusieurs raisons :

·   Un boost d’ego très mal placé; qui n’a jamais rêvé de se vanter de compter plusieurs milliers de fan sur les réseaux ?

·   L’argent facile des entreprises pour un produit à sponsoriser; celles-ci se fient en effet encore malheureusement trop souvent au reach total.

·   Des produits ou des voyages gratuits par des marques peu regardantes sur les origines des influenceurs.

Pourtant,  à terme, cet achat de bots est une véritable erreur pour quiconque souhaite être un influenceur à part entière. Les influenceurs achetant des bots pour se booster se tirent une véritable balle dans le pied, par pure paresse de devoir monter une communauté engagée en ayant une véritable personnalité ainsi qu’un contenu authentique. Des outils existent pour les dénoncer, et ces influenceurs “escrocs” seront démasqués très rapidement, leur crédibilité étant ensuite réduite à néant.

Cas très intéressant, un journaliste du NY Times a essayé de faire grimper artificiellement un compte Instagram en utilisant des bots. Plot twist : cela n’a pas fonctionné.

@cookingwithfatmax : La tentative de ce journaliste de percer sur Instagram avec son Corgi 

La nécessité d’un audit des influenceurs

Pourtant, une analyse approfondie de l’influenceur permet d’identifier avec précision la véritable authenticité de celui-ci. En effet,  il existe un faisceau d’indices permettant de déterminer si l’influenceur a fait appel à des bots ou non. Par exemple, une analyse de la progression des abonnés dans le temps de l’influenceur est en général un très bon indicateur. Si le nombre d’abonnés grimpe soudainement, sans qu’il n’y ait de véritable production de contenu exceptionnelle derrière, il est fort à parier que celui-ci ait acheté des followers. Malheureusement, bien peu d’entreprises disposent des outils nécessaires (comme l’outil Auditum ! )  afin de dénoncer les influenceurs escrocs.

Les réseaux sociaux ont (enfin) déclaré la guerre aux bots

En Novembre dernier, Instagram a annoncé  la chasse aux utilisateurs fictifs, mais aussi aux faux likes et faux commentaires, qui seront supprimés. Les comptes suspects recevront un email les obligeant à changer leur mot de passe pour prouver leur identité.

Twitter, de son coté, fait le grand ménage sur son réseau et supprime en permanence des bots depuis 2014. On aurait estimé que la célébrité Justin Bieber aurait perdu plus de 3 millions d’abonnés fictifs.

Youtube, cependant, minimise le problème en déclarant que “les fausses vues ne représentent qu’une petite fraction du total”  et ne prend pas encore de mesures pour lutter contre les fausses vues sur les vidéos.

Conscients du danger qu’ils représentent pour leur crédibilité auprès des marques, les réseaux sociaux ont déclaré la guerre aux bots. Facebook a supprimé 1,5 milliard de faux comptes en six mois et continue à en supprimer de manière spectaculaire, alors même que les bots représentaient encore environ 3% à 4% des utilisateurs actifs mensuels sur Facebook au cours du deuxième trimestre 2018 et du troisième trimestre 2018.

Malheureusement, cela ne suffit pas toujours. La publicité afin d’obtenir facilement un boost de follows et de likes se propage trop facilement et parfois même sur ces mêmes réseaux sociaux qui les combattent. Une véritable étude en amont du profil de l’influenceur avant de travailler avec celui-ci est plus que jamais nécessaire.

Une publicité sur Instagram récurrente

Attention, ce n’est pas toujours l’influenceur qui est à l’origine de ce boost. La malveillance ou la trop bienveillance de certains abonnés peuvent contribuer à alimenter ces mauvaises pratiques, et l’influenceur en est la première victime.

N’avez-vous pas déjà eu un follow d’un compte en vous interrogeant sur l’authenticité de celui-ci ? Bien entendu, vous n’en êtes pas à l’origine. Pourtant, bien que vous n’en soyez pas responsable, cela peut nuire à votre audience ou à votre taux d’engagement en général.

Alors tous ensemble, marques comme méga influenceurs, utilisateurs ou micro influenceurs, agences ou plateformes, déclarons la guerre aux bots qui nuisent à notre expérience sur les réseaux sociaux.

Tous en guerre contre les bots !!!